Artiste en avant première

Tous les quinze jours, l'atelier Jean Wier, tenu par Eric PAYS, vous présente un artiste de l'atelier

(écrit par Stéphanie LEVIONNOIS, peintre de l'atelier.)

 

 

Juillet 2019 - 1

 

Catherine ROYER

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Si Catherine regarde aujourd'hui ses peintures d'enfance avec émotion, c'est qu'elle est née dedans ; Toute petite elle se fait remarquer par sa maitresse de maternelle et plus tard illumine sa classe. Née avec le pinceau à la main, Catherine continue à l'école Des Arts Appliqués et Métiers d’Art, rue Olivier de Serres Paris 15ème durant 6 ans, puis passe un BTS en création textile. Toucher à tous les moyens de créer lui permet de se mettre à son compte puis d'être employée dans la publicité mais jamais plus longtemps que le temps d'apprendre, d'approcher les méthodes créatives.

Rêveuse, volontaire et sociable, elle exprime bientôt son art avec un groupe d'amis artistes en faisant de l’art mural, de la décoration, faux bois, faut marbre, puis déménage à Rueil où elle fait de l’artisanat.

Polyvalente, Catherine, refuse longtemps le titre d’artiste mais Éric PAYS lui donne dans son atelier la force et l'ambition de porter ce titre. L'impression d'évasion dans les toiles de Catherine m'impressionne. Comme elle aime Van Gogh pour sa fixation du temps ou Kupka pour ses couleurs,

Catherine fait percevoir une œuvre lumineuse et pointue qui peut la faire passer pour la RIKPE de l'atelier. En plus, elle sait parler de libération avec l'art contemporain où toutes les techniques et tous les genres sont acceptés. Comme TADDE, elle pense que tout le monde est artiste et ont le choix des armes.

 

 

juin 2019 - 2

 

Thaddé

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Aujourd’hui je reçois Thaddé qui est un dur à cuire de 28 ans. Il ne se laisse pas marcher sur les pieds comme vous allez le lire. J’ai fais avec lui un questionnaire à la façon de Proust et cela donne une intemporalité à son discours étonnant, vous allez voir…

Je lui demande :

Si vous étiez une couleur ?

Il choisit le gris, qui est pour lui une couleur simple et attirante. Il en Orne ses ombres et ses contrastes car pour lui le gris c’est faire apparaître le côté sombre des choses, plus que le noir.

Si vous étiez un peintre connu ?

« MOI, répond-il. Parce que je ramène toute la peinture à moi avec respect et identification. Pour moi, peindre c’est faire ce qui a été déjà fait. « Tout le monde est peintre » Je ne donne pas plus de valeur à un peintre reconnu qu’à un peintre lambda. Peindre, pour moi, c’est exprimer un sentiment de son histoire. Je ne juge personne ; J’aurais put être Picasso. Parti risqué, n’est ce pas ? »

Si vous étiez un… âge ?

A nouveau il choisit le sien, comme s’il avait besoin qu’on le connaisse mieux. Je découvre un Thaddé à l’âge parfait : Adulte même s’il à été mature très jeune et qu’il ne regrette pas ses 20 ans, quand il fallait sortir pour exprimer ses envies.

Si vous étiez un pays ?

Le Portugal. Thaddé me parle de sa grand-mère qui vit dans les quartiers pauvres de Lisbonne : « Ils apportent plus qu’ils n’ont… » Paris est trop stressé, il préfère l’humilité des gens du ghetto de Lisbonne qui ont le cœur sur la main.

Si vous étiez un animal ?

Le loup. Le loup représente la mythologie avec la louve qui nourrit Romulus et Remus. Le loup c’est aussi le petit chaperon rouge… Le loup va hurler avec sa meute au clair de lune, il sait sur qui compter et est plus beau qu’un chien sauvage.

Si vous étiez un musée ?

Il serait Le Louvre ; Il faut le faire une fois dans sa vie : C’est grand et c’est un vrai labyrinthe de l’Histoire.

 

 

 

juin 2019 - 1

Samuel YACOUBI


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Samuel est né à Clichy La Garenne en 1987.Très tôt, il s'intéresse à l'art et découvre la peinture dès l'école primaire. Il fait germer sa graine d'artiste à l'atelier de l'école.

A cette époque, rien ne l'arrête et il passe de longues heures à se documenter dans les livres sur des artistes plus ou moins connus.

Aujourd'hui, il tire son chapeau à Gustave KLIMT pour son travail fait à la feuille d'or, travail très difficile à réaliser et à Egon SCHIELE, avec ses corps atrophiés. Il se souvient être allé à son exposition et il aime particulièrement ses corps anguleux.

Son art avec Eric PAYS, il le vit comme une aventure commencée lors de son hospitalisation à ERASME. Le jeudi, il suit consciencieusement les conseils du maître et apprend à l'atelier du mardi à métamorphoser son pinceau et son crayon pour être un artiste qui se diversifie.

Le plus étonnant chez lui c'est qu'il se contrarit en parlant de sa peinture. Je le cite : Je n'ai pas d'ambition sauf de me dépasser et de me renouveler pour faire des peintures contemporaines. Tout un programme. Il génère un style bien à lui mais passe dans sa création des jardins, des estampes  japonaises à des monstres connus.Sa période actuelle est mue par des portraits d'hommes à même la peau : Aquarelles, acryliques, Il garde dans son oeuvre un appel vers les couleurs chaudes.

Evidemment, il faut voir l'artiste libéré aujourd'hui à l'atelier comme un poisson dans l'eau; photos de son travail sur le portable et pinceau à la main. Longtemps patissier, il vient de démissionner et cherche une formation à moins de trouver une galerie.

Son travail est inspiré mais il avoue que c'est l'air primaire africain. Son courant visible au quai Branly.Cet attrait vers le primitif et l'art des sociétés sans écriture est extraordinaire. C'est un voyage aux portes de pays lointains et une manière émouvante de toucher du doigt un mouvement qui parle sans être concret.

Après avoir fait un petit tour avec Smael, je lui demande de faire un salut à un artiste. Sans hésiter, de manière étonnante, il se choisit lui, qui peint depuis ses 7 ans. Néammoins, il me recommande de faire en musique.Ma peinture, me dit Smael, je la vis, je la montre alors que mes patisseries, vous ne les avez jamais mangées.

 

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